Août 19 : Mort aux thermomètres !

Nous savons intuitivement que l’histoire se répète, souvent. Elle hésite en remugles et régurgitations de ses pires moments, comme si les plus doux et les meilleurs instants étaient absorbés d’un trait pour être vite oubliés. Nous redonnons à l’histoire une seconde chance dont l’issue démontre invariablement notre grande difficulté à tirer le moindre enseignement des échecs précédents.

 

Parmi ceux-ci, l’erreur dans la mesure de notre impact sur notre environnement est une constante. Une nouvelle idée, une nouvelle perspective, un nouveau gain immédiat et nous ouvrons la terre, dépeuplons les océans, éventrons les montagnes, salissons l’eau et l’air sans nous soucier des conséquences. Nous avons longtemps été persuadés que la Terre étant vaste et ses ressources infinies, elle saurait forcément absorber les débordements de ses enfants.

Cela, c’était ce que nous tenions pour certain jusqu’à une période récente, le tournant des années 1970-1980, décennie pendant laquelle l’observation, mère des Biomesures, a permis de montrer que non, la Terre ne pouvait tout supporter et que certaines blessures ne se guérissaient pas dans l’échelle du temps humain.

Plus grave encore, quelques voix pionnières se sont alors timidement élevées pour mettre en parallèle l’augmentation des activités humaines et celles des gaz à effet de serre, prétendant même pour les plus pessimistes, que certaines lésions atmosphériques profondes, ne pourraient se résorber qu’à condition que leurs causes, essentiellement dues à notre présence et nos activités, ne disparaissent.

Le lien entre l’humanité et la destruction de son propre habitat est devenu depuis l’orée des années 1990 comme un point de clivage violent entre fanatiques écologistes, méchants déclinistes avides d’un retour naïf à une nature utopique et les bons développeurs politiques, raisonnables entreprenant au nom du libéralisme et du confort de vie pour tous.

Faute, à l’époque, d’arguments chiffrés et de propositions écoutables, la dramatique erreur d’orientation que la civilisation, qui paraissait pourtant limpide, ne fut pas considérée comme un sérieux souci auquel l’humanité devait se mobiliser pour faire face : une maladie endémique à éradiquer, un défi technologique passionnant, ou une nouvelle voie de développement, mais plutôt comme un gimmick défendu par des groupuscules d’arriérés si extrémistes que leur parole ne valait en fait pas la peine d’être écoutée.