Février 20 :  Cop, Etats en « mort cérébrale » ?

Le terme de « mort cérébrale » est devenu un sommet de la mode universelle de l’invective dénigrante depuis quelques mois. C'est assez triste, cet assemblage de mots décrit l'état d'une personne en souffrance, dont on devrait s'alarmer, quoiqu'il conserve une faible dose de mystère, car la science se veut précautionneuse, autant pour le définir que pour le dire définitif. Cette fois, l'expression est-elle plaquée sur l'amorphisme d'une personnalité politique, d'une organisation internationale ? Est-ce une figure artistique qui se verrait si délicatement qualifiée pour son absence de réaction, ou d’intelligence, par les médias férues d’expressions toutes faites ?

Non, cela se rapporte à un non-évènement de la fin de la décennie précédente qui aurait pourtant due être spectaculaire, inspirant et même un peu effrayant, comme un, et cela fut quelque chose de bien plus grave : une COP 25 décidément malchanceuse, délocalisée au dernier moment en raison des évènements Chiliens, prétendument superflue, poussiéreuse et léthargique, dont il ne serait rien sorti si l’on excepte l’incapacité chronique des gouvernements à ne serait-ce que faire mine de respecter leurs engagements passés. 

Chaque Cop, annuelle, est en théorie utile. Elle permet de marquer les changements, les réussites, mais aussi les échecs subis dans la lutte contre le dérèglement climatique. Comme pour une cession de championnat du Monde, on retrouve quasiment les mêmes athlètes, les mêmes épreuves la même ambiance. On observe attentivement les résultats pour savoir s’il existe des avancées depuis l’année précédente, si de nouvelles méthodes ont autorisé un accroissement des performances.

En poussant la comparaison, 2019 n’est pas une année de progression, aucun record positif n’a été battu, bien au contraire. Certains polluants atmosphériques, quelques extractions primaires ont affiché pompeusement leur reprise en avant, détruisant parfois une décennie complète de combat et repoussant les espoirs entrevus jusque-là.

Les Etats ne font rien pour accélérer le mouvement de réduction des émissions de CO2, à part tenter d’affiner une bourse des échanges de pollutions, qui est par son principe même une façon déguisée et couteuse d’entretenir un modus vivendi pataud.

Il est de notre point de vue totalement improductif d’acheter ou de vendre des droits à polluer, cela n’incite que les plus riches à devenir encore plus paresseux et fausse complètement l’objectif global de réduction des émissions.

On a constaté par le passé qu’en plus d’être écologiquement absurde, ce marché est économiquement biaisé par la présence d’obscurs margoulins dont la seule vertus est de mieux comprendre les circonvolutions réglementaires que celles et ceux qui les ont écrites.

Bref, nous sommes dans le brouillard puant, la politique est impuissante et les intérêt individuels prennent le dessus. L’espoir se calcine, les velléités se révèlent sur fond d’incendies incontrôlables.

Si l’on veut une véritable prise de conscience, des efforts et des résultats, il faut commencer par retourner la pyramide, la lute se fera à partir de tous et non en descendant de l’élite.

Nous n’avons pas besoin de technocrate dans les domaines nouveaux couverts par la restauration climatique.

Ils viendront assez vite imposer des normes, des conditions et des retards, des régularisation sont à prévoir, mais en attendant il faut les prendre de vitesse.

Il vaut mieux des initiatives individuelles et initiatives que d’attendre des décisions gouvernementales, ne serait ce que parce que les Etats ne peuvent organiser les tests, alors autant commencer petit et modeste.

Par contre, il est essentiel que ce qui est entrepris soit reproductible et se fasse connaître, l’acte de sauvegarde ou de réparation de la Planète se doit d’être partagé.

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