Février : Q self mode mortel !

Le Q Self ou quantified self, ce que l’on peut traduire par auto-quantification, de soi, consiste à s’observer attentivement à l’aide de différents capteurs pour s’évaluer et vérifier que les efforts que nous consentons sont efficaces, ou tout au moins assez perceptibles pour que nous les exposions et les partagions. Cette pratique avait déjà attiré l’attention de la CNIL il y a quelques années, qui en dénonçait les pratiques abusives et les risques pour la protection de la vie privée.

Ces deux notions furent non seulement explosées par l’usage, mais, de plus, largement aggravées par les comportements commerciaux des fournisseurs d’applications.

IoS : Internet of Subjects

Vos performances sportives, physiques, votre nutrition, vos cycles de toutes natures, vos émotions, complètent harmonieusement votre positionnement géographique, vos déplacements, leurs vitesses, vos achats ou marques d’intérêt, vos rencontres, vos messages multimédias, tout ce qui vous rend intéressant ou, plutôt qui pourra vous rendre encore plus captivant aux yeux de toutes les parties prenantes financières qui vous entourent, vous observent et souhaitent vous diriger… pour votre plus grand bien mais parfois sans vous le dire, afin de vous aider à devenir une unité efficace, saine, prédictible, obéissante.

Faut-il en blâmer les maîtres du monde ? Les GAFAM acronyme pour Google®, Amazon®, FaceBook®, Apple® et Microsoft®, sont unanimement considérées comme une menace pour la liberté de choisir et de penser et tout autant louées et achetées pour la pertinence de leurs services et le confort de vie que nous octroient leurs applications. Le marketing contemporain ne pourrait s’en passer, à tel point, et il s’agit là sans doute du nœud coulant étranglant l’utilisateur, que même les applications qui ne se réfèrent pas expressément au partage de données avec la bande des cinq, leur revend ou leur échange tout ce que vous pourriez révéler.

Dans un système médiéval, nous pourrions comparer les applications de Q-Self à des lieux se prétendant d’asile qui, pour leur intérêt, leur tranquillité ou simplement par peur, dénonceraient immédiatement les faites et gestes des réfugiés aux puissances dominantes … Avec ou sans conséquences ?

Dans le village mondial de 3 milliards de joyeux partageurs, serait-il illogique de penser que MES données, ne valent rien en fin de compte, noyées dans l’océan inutile. En quoi le fait d’être un microscopique morceau statistique utilisé, certes sans mon assentiment et dans des exploitations dont je n’ai jamais entendu parler et que j’aurai bien du mal à comprendre justifierait le renoncement au doux exercice d’exhibitionnisme 3.0 en 3D ?

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