Janvier : Révoltes polyphoniques.

« Nous ne voulons plus ! Il faut que ! Ceci nous inquiète ! » autant de traductions libres et largement édulcorées d’un phénomène dont les racines profondes se trouvent dans le divorce total entre ceux qui « savent et décident » et ceux qui « ignorent et subissent », ce qui aboutit dans le meilleur des cas à une opposition frontale et dans le pire, à des drames répétés sur fond d’immobilismes antagonistes.

Et si l’on rebattait un peu les cartes ? Pas pour mélanger les groupes en tables de discussions, c’est sans doute prématuré, mais pour informer les parties prenantes que l’observation doit devenir la prémisse à toute décision.

Cumul ne fait pas résultat

Par exemple, serait-il illusoire d’espérer qu’un jour prochain, le plus tôt possible, que les décideurs réfléchissent un peu (plus) avant d’agir, pour éviter de déclencher un empilement de mesures et réformes anxiogènes au pire moment. Une simple addition, empathique si possible, suffirait à se rendre compte que les taxes, charges et d’augmentations cumulées sont inacceptables par l’autre bout de la chaîne des oppositions.

Une incompréhension qui a rendu dialogue d’autant plus improductif qu’il est devenu improbable ! Les chances de se rencontrer et de discuter sont égales à zéro et revendiquées comme telles. Une véritable attitude de révolutionnaires : pourquoi parler avec des gens que l’on ne considère pas ?

Nous sommes enfin entrés dans la grande pagaille, celle pendant laquelle s’expriment avec plus ou moins de clarté mais sans grandes précisions, les lassitudes, les colères, les sentiments d’injustice, les incompréhensions et la grande lassitude d’un monde trop compliqué à bien des égards.

Nous pourrions nous amuser à relever que nous l’avions largement anticipé dans le premier chapitre de « Biomesure, Révoltes et Révolution » mais cela n’est pas si drôle que cela. Il faut donc se pencher sur les raisons profondes qui transforment ce qui devrait être un dialogue permanent constructif en un défi des surdités collectives.

De notre point de vue, c’est bien évidemment le manque de mesures, au sens scientifique et pragmatique du terme et non dans celui prises par les autorités pour contenir, avec plus ou moins de succès, les débordements de celles et ceux qui trouvent justement que les autorités manquent d’adopter les bonnes mesures.

Il est donc urgent de doter chaque citoyen, ou groupe de citoyens capables de s’entendre, d’outils fondamentaux acceptables par tous, en espérant afin que les résultats le soient.