Juillet : relents de 73

Ce n’est pas une mesure de température record, nous n’en sommes pas encore là, mais le millésime 1973, considéré historiquement comme celui du premier choc énergétique pétrolier : la grande année de la crise avec flambée des prix, restrictions de production, guerre ouverte, reprise en main de leurs ressources par les pays en disposant légitimement, le tout aboutissant à quelques embargos politiquement ciblés et une brusque sensation de manque.

1973 est dans notre souvenir une année de guerre au Proche Orient, de constitution de glacis politiques se substituant aux relations bilatérales. C’est aussi une révolte contre les Etats-Unis, et plus extensivement contre les grands exploitants auxquels il devient possible de reprocher ouvertement de piller littéralement les ressources des pays producteurs sans contrepartie équitable.

Incidemment, c’est une période gouvernementale troublée, le Chef de l’Exécutif du gendarme du Monde, Richard Nixon, est soupçonné de ne pas remplir les devoirs de sa tâche avec le sérieux, la probité et la rigueur indispensables, voire d’être un grand malhonnête aux yeux et aux oreilles de tous, fâcheuse innovation pour un Président Républicain.

1973 est une année de grandes réactions vis-à-vis des dispendieuses habitudes de ce temps : on recommande la parcimonie dans le domaine public : restriction de l’éclairage et du chauffage, diminution de la vitesse sur les routes, 90 km/h et sur les autoroutes : 120 Km/h, limitation des vols intérieurs, interdiction des compétitions automobiles et motos … le plus pittoresque est le changement de programmation de l’ORTF canal unique qui cessera ses émissions à 23 Heures, enjoignant les Françaises et les Français à aller dormir, ou à produire de nouvelles lignées de citoyens responsables…

Le gouvernement se veut aussi incitatif qu’optimiste, tout en édictant une série de mesures et de conseils pour mettre fin aux grandes poches de gaspillage, il insiste sur le fait que la crise peut être surmontée en raison de réserves stratégiques mais aussi de la politique bienveillante et prévoyante vis-à-vis des autorités de l’OPEP sans oublier une action volontariste pour le développement des transports en commun en tout électrique et surtout de la panacée ultime : la construction d’une grande usine d’enrichissement de l’uranium condition de base au développement tous azimuts de la production d’énergie issue du nucléaire.

Deux générations plus tard.

Le fol attrait pour toujours plus d’énergie disponible a transformé notre civilisation, la faisant passer d’un état de dépendance à celui d’asservissement.

Les indicateurs sont pour beaucoup les mêmes : tensions au Proche Orient, incertitudes de gouvernance, augmentation des cours des hydrocarbures, incitation à préserver les ressources, admonestation sur les comportements, jeux sur les modes et libertés de circulation.

Sauf que cette fois-ci, la prise de conscience environnementale, qui paraissait en bonne voie d’être acquise, devient elle-même un enjeu du combat entre ceux qui s’inquiètent de ce qu’ils constatent et ceux qui n’y croient pas, parce que les constatations ne sont que des opinions d’enquiquineurs.

 

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