Note de lecture : L'horreur sécuritaire.

 

L'Horreur Sécuritaire, les trente honteuses. Par Jean-marc Félida, avocat à la cour.

204 pages Editions Privé. 17 Rue Rousselet 75007. Paris Tel: 01 53 58 15 00.

Parution : Novembre 2006 Prix unitaire : 18 € TTC

Bibliographie : non. Citations : non. Référentiel : non.

Ce que nous en avons compris :

Jean-marc Félida bout d'une colère triste : depuis trente ans, une volonté liberticide diffuse sa haine de l'être humain par le biais d'une succession de lois insanes et perverses. La société est elle-même au bord du joug totalitaire et n'hésitera pas, moutons bêlants que nous sommes, à  ajuster d'elle-même son cou si frêle.

La technologie ne justifie son encombrante existence que par sa servile collaboration aux noirs dessins des politiques de tous bords, dont la lâcheté n'a d'égale que la propension à alimenter sans compter les dépenses, somptuaires autant qu'inefficace, des forces de l'ordre (donc mauvaises) incapables d'attester honnêtement de leur efficacité.

L'Etat est non seulement scélérat mais, en plus, pratique le mélange des genres, au profit d'un petit nombre de privilégiés, les politiques, qui n'ont de cesse de renforcer l'arsenal répressif en s'attaquant aux fondamentaux de l'existence même de toute pensée non conformée.

Le totalitarisme ne nous guette pas, il est déjà installé à nos portes, dans nos rues, notre travail et nos esprits. Il existait les « déclinistes » économistes, bienvenue aux « déclinistes » juridiques.

Ce que nous en avons perçu :

En bon avocat, l'auteur se garde bien d'attaquer de front le législateur, ou d'étayer ses thèses par des exemples précis, il procède par affirmations abruptes et sentiments diffus, puis par des rappels de ce qui a été perdu.

Le tout sans trop de virulence, ce qui est certes décevant, mais atteste en tout cas qu'il croie lui-même en ses propres thèses. De plus il n'aime pas, c'est un euphémisme, les policiers, gendarmes, surveillants humains ou électroniques de tous acabits. Quand à la biométrie, notre dada à nous, elle est l'horreur absolue, la réincarnation du nazisme, en plus grave. Grave assertion, là encore, non argumentée, que nous nous empresserons de transmettre à nos amis et collègues oeuvrant dans différents pays reconnus comme démocrates.

Ce que nous avons apprécié :

En premier lieu, l'opportunisme de la parution, au bon moment, salutaire dans le cadre des débats qui s'annoncent. Le titre est très bon, le sous-titre aussi, il sera ardu de faire plus accrocheur, même avec un meilleur contenu.

Le ton monocorde de colère froide, qui montre bien à quel point peuvent être excédants les tracas quotidiens imposés au brave citoyen, renforcent, à notre sens, le côté attachant du narrateur. La dénonciation de véritables scandales « Kafkaïens » dans lesquels s'embourbent les juges, les justiciables et leurs défenseurs, par manque de clarté des lois, l'arbitraire devenant le moteur de la jurisprudence.

Mais surtout, il est vital pour l'esprit démocratique que de tels « coups de gueule » soient mis à la disposition d'un public présupposé anesthésié. Les aspects juridictionnels sont bien rendus, l'auteur en étant un professionnel, et, si l'on de devait en garder que l'un des bons morceaux, ont conserverait en tête que la superposition des lois n'aboutie in-fine qu'à un magma incompréhensible pour le citoyen.

Il devrait être interdit d'interdire et emprisonner les ennemis de la Liberté, chaque citoyen étant éduqué, sage et conscient. Sur le plan formel, le plan de l'ouvrage nous a aussi semblé excellent, un véritable modèle pour un support de cours ou une thèse.

Ce qui nous a déplu :

Le côté râleur franchouillard, incapable d'appuyer scientifiquement ses thèses et de proposer autre chose que des pleurnicheries nostalgiques. De la part d'un juriste, dénonçant justement l'absence de dévotion professionnelle des législateurs, nous espérions une analyse affûtée et des lignes directrices pour simplifier, clarifier, épurer les lois afin qu'elles organisent notre sécurité sans restreindre notre Liberté.

Enfin, vouer aux gémonies l'ensemble des professionnels de la sécurité et de la justice nous parait fort injuste, voire légèrement phobique. La conséquence d'expériences personnelles pénibles ? 

En conclusion.

Bon pour l'hygiène mentale, le livre de Jean-Marc Fédida pêche par manque d'ambition et d'humour. L'idée, bonne au départ, se trouve un peu gâchée par l'absence de sérieux dans l'argumentation et l'absence de contre propositions, fussent elles utopiques.

Toutefois, il est de notre devoir de promouvoir ce livre, un peu trop vite écrit, de peur qu'il ne soit le dernier de son espèce.

Notre classement : 6,4/10

Présentation 7/10 - Style 6/10 - Contenu 5/10 - Lisibilité 8/10 - Didactisme 6/10