IBUKI 10 ANS

Un très gros outil de Biomesure

La JAXA, est l’Agence Spatiale Japonaise. Elle exploite depuis plusieurs années le satellite d’observation des gaz à effet de serre IBUKI, aussi connu sous l’acronyme GOSAT, pour Green house Gases Observation Satellite.

Il fut lancé le 23 janvier 2009 par une fusée H-II A. Les données d’orbites sont : apogée à 684,8 km et périgée à 667,4 km. L’inclinaison orbitale est de 98° et la période d’orbite de 98,20 minutes.

Ce que fait IBUKI sous l’égide de la JAXA, du Ministère Japonais de l’Environnement et de l’Institut National des Recherches sur l’Environnement, nous concerne au plus haut point.

Il mesure en permanence des gaz à effet de serre dont, s’il est nécessaire de le rappeler, la croissance explosive depuis quelques décennies influe lourdement pour les pessimistes, ou n’a aucune incidence, pour les sceptiques, sur le climat général de notre Planète.

Le débat, savoir si cette influence des gaz est négative et surtout si elle est liée aux activités humaines, reste un sujet épineux, longtemps plus proche de la croyance que de la certitude scientifique, les savants eux-mêmes se perdant parfois dans leurs interprétations.

La JAXA a reçu à l’orée des années 2000, une mission formelle : procurer un fort afflux de données utilisables, fiables et sûres et surtout ouvertes à tous.

C’est le rôle de IBUKI, le premier des satellites mondiaux lancés exclusivement dans le but de suivre le plus grand nombre points de mesure possible et de diffuser ces informations aux collectivités scientifiques et politiques.

Surveiller les évolutions du climat

La plupart des estimations sur le réchauffement climatique, nous indiquaient encore récemment le risque de voir la température moyenne augmenter entre de 2 °C catastrophiques aux 6 °C qui sonneraient la fin de nos inquiétudes bien avant l’agonie du siècle en cours.

L’état d’inquiétude sur les émanations de certains gaz croît vigoureusement depuis quelques années, en particulier vis-à-vis du CO2, devenu le sujet de préoccupation majeur, bien qu’il soit loin d’être le seul.

Le méthane est désigné comme le second sujet de préoccupation, ce qui tombe assez bien, car IBUKI le traque aussi.

L’idée qui a présidé à sa création consistait à envoyer un satellite truffé de capteurs d’observations, sur la trajectoire permettant de couvrir le plus grand nombre de points de mesures présumés sensibles.

Dans la pratique, il relève près de 56 000 mesures à l’aide de senseurs radars et infrarouges, particulièrement performants, avec une double mission.

La première, exploratoire, est la cartographie de la présence de CO2 et de méthane de zones qui jusque-là, faute de moyens ou de volonté, ne pouvaient être mesurées et enregistrées.

La seconde est l’observation des flux depuis leur détection au moment de l’émission jusqu’à leur absorption par les moyens naturels ou artificiels.

Cette seconde mission est fondamentale, à une époque où les premiers efforts de recherches sur la neutralisation des gaz à effet de serre donnent lieu à des expériences d’envergure sur le terrain.

IBUKI devint, quelques années après son lancement l’outil de mesure des réussites et, ce qui est à souhaiter, de l’efficacité des nouvelles normalisations.

L’un des vœux de ses concepteurs était d’alimenter une plate-forme commune d’échanges et de mise au point des méthodes de mesures.

Pour cela, les données acquises par IBUKI sont compilées par période de trois jours et mises gracieusement à la disposition de la communauté scientifique.

Anthropogenèse du CO2

Entre 2009 et 2012 pendant une première campagne de 42 mois, le temps nécessaire pour toute analyse approfondie, le satellite a vu ses données comparées avec celles relevées dans quelques-unes des plus grandes villes de la Planète afin d’établir s’il était possible d’obtenir des mesures aussi fiables à partir de l’espace que celles recueillies au sol.

La réponse est oui. Grâce à sa période d’orbite de l’ordre de 100 minutes, IBUKI démontre être l’instrument de suivi le plus complémentaire des moyens au sol et des observations aériennes.

Il offre un accroissement de capacité impressionnant en termes de nombre de points observés, doublant les moyens disponibles à l’époque, avec une répartition nettement plus favorable, en particulier sur les océans, auparavant peu surveillés.

En cas de doutes, vérifiez !

Ces informations ouvrent des perspectives inégalées pour le débat écologique. Il suffit de se rendre sur le site de diffusion des informations et de les comparer avec celles que vous ferez sur le terrain.

Pionnier de son espèce, IBUKI était le premier des satellites dédiés à ce type d’observation, il a depuis été rejoint par d’autres engins embarquant des outils de mesures similaires et complémentaires.

Sa spécialisation le rend si performant qu’une relève a été prévue : IBUKI 2 - GoSat 2 a été lancé fin octobre 2018, pour l’épauler puis le remplacer.

Et pour vous faire une idée : un tableau par mois, de mesures.